Publié par : P-E | mai 17, 2016

Vole au vent

De se replonger dans d’anciens écrits comme une impression de relever les paupières après un long battement de cils.
Loin de moi la prétention d’avoir les yeux ouverts, à nouveau, qui plus est. Mais effectivement cet étrange constat qu’une fois encore tout est bien frêle.

A courir trop vite, trop loin, on finit par se blesser et ne plus pouvoir avancer du tout. J’aurais voulu avoir la sagesse de, non. La fougue est beaucoup plus productive, surtout quand on est jeune.

Mais un constat doit être fait : à vivre trop longtemps loin de ce pays, la France, on en arrive à l’idéaliser. Vraiment. De ce constat en découle un deuxième : à y vivre trop longtemps, dans ce pays, la France, il faut se rendre à l’évidence. Nous nous étions trompés.

Paris, ô Paris ! Quelle surprenante créature tu es ! De jeunes gens rêveurs tu fais des aigris frustrés. Au point qu’ils n’en dorment même plus. 《Nuit debout》 qu’ils s’appellent. Ils nuisent debout. Et d’une telle force ! Assis.

Un maelström, vous dis-je. Vivre ici c’est être un galet dans un torrent. Suivre le flot et finir perdu au milieu de l’océan ou plus vraisemblablement des sédiments du lit d’un affluent minable. Résister contre le courant et finir lissé, sans aucune aspérité, tout juste bon à faire des ricochets. Voilà le sort qui attend cette jeunesse éperdue.
Battre le pavé à coups de CRS. Ou alors l’inverse. Je n’ai pas bien compris à quel jeu ils jouaient tous ensembles d’ailleurs. Si terre à terre, si déprimant de lassitude alors qu’ils devraient voler au vent de leur insouciance vers des trésors inconnus. Allez, enlovez-vous!

Vole au vent !

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Vole au vent

Publié par : P-E | mai 15, 2016

2 ans après

Voilà, ça fait bientôt deux ans que je suis revenu en France. Et force est de constater que je commence tout doucement et éprouver la même frustration qu’il y a 6 ou 7 ans. A la différence près que désormais je sais ce qui m’attends ailleurs. Quinze vaudrait mieux cotiser à la CFE même si je décide de repartir à l’étranger pour une durée indéterminée.
Deux ans. C’est long quand on passe son temps à ne pas faire ce que l’on a envie de faire. A ne pas utiliser ses capacités à faire ce pourquoi on s’est formé.  A ne plus courir qu’après des chimères matérielles.
La France est à la fois un endroit très agréable à vivre et une prison à éviter à tous prix.
Cette propension à vouloir mettre les gens dans des cases, à vouloir courir après tout ce qui brille. Courir en faisant semblant d’être nonchalant. Un truc m’échappe.
Peut-on rêver de faire des choses pour lesquelles nous ne sommes pas fait ? Fantasmer et miroiter des accomplissements qui ne sont peut-être que des caprices ?
Il y a deux ans j’en avais marre de faire ce que je faisais, où je le faisais, depuis 5 ans. Mais aujourd’hui j’en ai déjà marre depuis un an de ce que je fais depuis deux ans. Il est peut-être temps de sérieusement se remuer le citron, en fait. Non ?
Je me manque. A faire ce qu’on fait sans passion, ni envie, c’est son soi que l’on assassine.  Lire, écrire, transmettre.

Lire, écrire, transmettre. Ou se taire et essuyer.

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