Publié par : P-E | septembre 3, 2011

Exotisme

Dans ce pays surpeuplé qu’est la Chine d’aujourd’hui, il y a une période de la journée que j’affectue particulièrement. C’est celle où la nuit tombée, les gens se font plus éparses dans les rues, où le tumulte de la circulation se fait plus distant, où il devient possible de se sentir isolé pour mieux se retrouver. Il devient possible, alors seulement, de s’asseoir sur un muret et de contempler la pénombre, dans la pénombre, ce moment où les Chinois trouvent leur intimité. Les corps se rapprochent, des gens s’enlacent. Et la cohue frénétique qui s’empare d’eux toute la journée durant semble ainsi s’estomper pour laisser place à quelque chose de plus sain, de plus naturel, de moins pécunier. On entends les mioches jouer, crier, des jeux qui émergent de la pénombre, autrement plus palpitant, plus effrayant que ceux de la journée.
Il y a une sorte de lenteur qui s’installe, une lenteur commune à tous les pays, tous les peuples que j’ai pu croiser jusqu’à présent. La nuit répand cette chose qui sait ralentir et apaiser les gens, lorsqu’elle ne les plonge pas dans l’angoisse.
Ainsi, je prends plaisir, à contempler ce monde qui se calme, qui quitte son agitation l’espace d’un instant, se plonger dans un livre sous la brise légère d’une fin d’été en Chine. Interrompre ma lecture, pour écouter le fredonnement du vent dans les feuilles des arbres, les murmures des amoureux qui profitent de l’acalmie, des chuchotements des enfants qui s’effraient de leur ombre.
Il y a quelque chose d’insaisissable dans cet instant, si insaisissable qu’on le sait là, sans pouvoir pour autant comprendre ce qui nous fait plus sensible à ce qui nous entoure. Peut-être un peu plus d’humanité,peut-être un peu plus de poésie dans un pays, où malheureusement, elle semble avoir perdu la place qu’elle occupait auparavant.
Ce sont ces moments-là, ces petites pépites de communion avec moi-même, avec ce que je ne vois pas, que je ne saurai percevoir et qui fait que j’aime être là où je suis, qui fait que j’aime la Chine et ses Chinois, qui bien qu’ayant encore beaucoup à apprendre, et ils apprendront sûrement, qui trouvent certains instants, pour reposer, l’ame, égarée, d’un étranger sur leur terre.

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