Publié par : P-E | mars 18, 2013

La dure vie d’expatrié (non fiscal!)

impots

 

Il m’a fallu un peu de temps pour cogiter correctement à ce sujet. Il faut dire qu’on en a pris plein les dents au fil des années et encore plus pendant la campagne présidentielle qui a eu lieu un peu plus tôt.

Les expatriés ?

Mais qu’est-ce que c’est donc que cette bête là ?! Il est souvent gros, plutôt âgé, ou au moins entre deux âges. Souvent marié et copule avec de jeunes créatures de rêves sur des plages de sable chaud, pendant que bobonne fait la popote à la maison. Vous savez, ces maisons d’expatriés qui font plusieurs centaines de mètres carrés avec des serviteurs pour tout, sauf pour la popote, sinon bobonne serait sur le dos de monsieur, bien entendu ! Ils ne parlent ni anglais, ni la langue locale et c’est à peine s’ils savent s’exprimer dans leur langue maternelle. Ils conduisent des grosses voitures et sont complètement dénués de respect. Ce sont les nouveaux colons qui font resplendir la France à l’étranger en propageant le romantisme à la française en multipliant les conquêtes…. dans les bars à filles des quartiers peu recommandables des grandes métropoles mondiales.

Enfin, ça, c’est ce qu’on aimerait vous faire croire.

Enfin, ça, c’est ce que ceux qui n’ont jamais eu la chance de mettre le nez dehors ont fini par croire.

Douce illusion quand tu nous tiens.

Le temps de la désillusion est venu, mes amis.

Jeune expatrié depuis quelques années, mais vagabondeur en série depuis près d’une dizaine d’année, je crois qu’il serait bon de remettre un peu les . sur I !

L’expatrié, dans son énorme majorité est bien souvent un jeune sans le sou, mais quelques fois, avec des diplômes en poche. Les raisons de son départ sont multiples. Le voyage formateur que l’on nous vante, et qui, si si, je vous l’assure, l’est réellement ! L’attrait pour les contrées exotiques. C’est, de temps en temps, une soif de savoir qui nous guide dans cette aventure. L’envie d’en apprendre plus et autrement que par la lentille focalisante des media locaux et nationaux. Car peu importe ce que l’on essaie de vous faire croire, chaque nation défend ses propres intérêts, que ce soit sous couvert de l’ONU, de la Charia ou même du Saint Glin-Glin, tous différents et pourtant tous pareils. Parfois, c’est aussi pour des raisons économiques que l’on s’expatrie. Alors là, je ne parle pas de fiscalité, mais simplement de survie digne. Partir poru trouver un boulot qui n’existe pas, ou plus, là où on habite. Et croyez-moi, c’est cette dernière catégorie qui remporte la palme. Ce ne sont d’ailleurs pas que des jeunes; mais cela correspond à tous ces nouveaux diplômés talentueux que la France est incapable de garder et à ces personnes d’âge mûr dont l’expérience, méprisée dans nos contrées, est plus que bienvenue dans certains pays.

Alors, cette vie est bien loin d’être enchanteresse, surtout au début ! Car s’expatrier, et en tant que tel, vous ne pouvez pas imaginer à quel point je ne supporte plus les « tu as de la chance ! » ou les « ça doit être génial de vivre dans un pays comme ça! », c’est avant faire face à de nombreuses difficultés que nous ne rencontrerions jamais chez nous.

Ô non, je ne me plains pas, je remets juste les pendules à l’heure !

Oui, c’est merveilleux de dire au revoir à la sécurité sociale, à la retraire, à l’éducation gratuite de ses enfants, au saucisson et à la crème fraîche pas chers ! C’est dire adieu à sa mère, son père, sa famille, ses amis. C’est abandonner l’idée de pouvoir encore avoir des discussions profondes dans sa langue maternelle avec un inconnu rencontré au hasard d’un parc ou même d’un bar. C’est accepter de vivre, quelques fois, avec un tiers du SMIC, de risquer sa vie à chaque fois que l’on monte sur un vélo. C’est, si l’on veut s’intégrer, apprendre une langue en un temps record et accepter des mœurs qui n’ont rien à voir avec les nôtres. Et c’est surtout se résigner à ne plus rien pouvoir partager, culturellement et intellectuellement parlant, de sa propre culture avec qui que ce soit. Faites l’expérience, essayez d’aller partager la poésie de Brassens ou de rire en regardant Kaamelott avec quelqu’un dont la langue maternelle n’est pas le français… bon courage !

Cet expatrié pragmatique, dont je fais (ou faisais, je ne sais plus) partie, n’a que ses yeux pour pleurer. Néanmoins, il a une chose dont les gens sont souvent privés par chez nous, et ce sont ses mains pour faire. Oui, ici il est possible de trouver un travail en deux heures. Oui il est possible de voir des femmes travailler dans le BTP. Oui, il est possible de voire des vieillards traverser transversalement des 8 voies à vélo sans sourciller et sans entendre un seul klaxon. Oui, il est possible de se faire ses preuves dans un travail parce qu’on vous aura dit « allez-y ! » sans pour autant trop se préoccuper de quelle école vous êtes sorti.

La vie d’expatrié, c’est choisir de quitter les berges du long fleuve tranquille pour se jeter dans un torrent dont personne ne connaît la destination. Faire face aux problèmes de communication, de visa, d’argent, de couverture sociale, d’adaptation mentale et physique à une nouvelle vie, sont autant de problèmes qu’il FAUT résoudre pour pouvoir survivre.

Toutefois, une fois ces péripéties derrière soi, c’est une vie qui a beaucoup à offrir, car ce sont justement ces difficultés et ces différences qui nous permettent d’aborder les choses sous un autre angle. Son pays d’origine notamment. Et si le retour en France fait partie de mes choix de dernier recours, je n’aurai jamais autant aimé mon pays que depuis que je l’ai quitté. Et c’est tout les jours que je l’honore pour ce qu’il m’a donné et m’a appris en diffusant ces valeurs qui je crois en ont fondé les bases.

Alors, pour finir cet article, s’il vous plaît, messieurs, dames, arrêtez de nous casser du sucre sur le dos, car sans notre lutte acharnée pour redorer le blason écorné de notre pays, il ne resterait probablement que des pots cassés.

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