Publié par : P-E | mai 13, 2013

La pollution en Chine fait-elle fuir les étrangers ?

Dernièrement, les articles concernant le départ de plus en plus d’étrangers de Chine foisonnent dans les différents journaux sinophones en ligne. Et bien souvent, ces départs sont liés à la qualité de l’environnement en Chine.

Les capitalistes libéraux de base, bien sûr, nient complètement cette réalité, et lient cette vague de départs à des réalités plus basses, telles que l’augmentation du coût de la vie ou bien encore la perte des bénéfices liés à l’expatriation.

Si la question ne peut, certes, pas être approchée de manière unilatérale, l’approche financière me semble bien peu pertinente, car ce serait sous-entendre que l’énorme majorité des étrangers vivant en Chine ait été envoyée ici par des multinationales et profite d’un train de vie digne des colons du siècle dernier.

Au regard de mon expérience dans ce pays, j’en doute fortement ! L’immense majorité est là de son propre chef, et j’en connais bien peu qui peuvent se permettre des tablées à des centaines d’euro ou des soirées quotidiennes dans les cabarets, etc…

La plupart des immigrés ici, le sont pour les mêmes raisons que ceux qui arrivent en France, en Angleterre ou aux Etats-Unis : vivre autre chose, si possible meilleur.

Dès lors, quand depuis six mois d’affilées on assiste à des taux de pollution de l’air continuellement à des taux plus que toxiques, on est en droit de reconsidérer son pays d’accueil sur ces seules bases.

Quand la pollution est telle, qu’elle s’étend sur des milliers, des centaines de milliers de kilomètres carrés, pour recouvrir des pans entiers de terres et de mers, jusqu’à se propager dans les pays voisins, on est en droit de reconsidérer le choix de son pays d’accueil sur ces seules bases.

Quand la pollution de l’air est telle qu’elle en devient palpable et que la visibilité est réduite à moins de 10 mètres pendant des jours et des jours, qu’on se demande si ouvrir ses fenêtres est plus dangereux que de les garder fermées, une fois encore, je pense qu’on est en droit de reconsidérer le choix de son pays d’accueil sur ces seules bases.

Quand les scientifiques nous disent que respirer cet air au quotidien est équivalent à fumer plus de deux paquets de cigarettes par jour, je pense que, non seulement nous sommes en droit, mais devons reconsidérer nos choix de vie. Car s’il est une chose que l’argent ne peut acheter, c’est la santé, au mieux un sursis…

Et je ne fais que parler de la pollution de l’air. Je garderai sous silence la piètre qualité de l’eau, qui fait que dans des villes de plusieurs millions d’habitants, il est toujours formellement déconseillé de boire l’eau du robinet…allez faire un tour dans les piscines pour en avoir une idée, à croire qu’ils utilisent la même eau ! Il n’y a guère que les lacs et étangs de haute montagne qui sont encore praticables…

Et ne me lancez pas sur la nourriture…! Si ? Allons bon ! La nourriture ? Les scandales de l’industrie alimentaire sont tels que des sites internet sont apparus sur le web chinois recensant les marques à ne pas consommer, publiant photos et témoignages des consommateurs lésés et/ou intoxiqués. Chaque jour voit son lot de nouvelles denrées à proscrire, à trop savoir, on se demande comment les gens arrivent encore et toujours à accepter tout cela !

Plus d’une dizaine de milliers de cadavres de porcs dans une seule rivière (je tairai les autres milliers de carcasses de chiens, pigeons, canards, porcs découverts en d’autres endroits!), pas plus d’une semaine plus tard, les premiers d’une grippe extrêmement mortelle sont découverts (plus de 20% de mortalité, c’est juste énorme!!!!), et les autorités sanitaires nous jurent qu’il n’y a aucun rapport.

Et c’est là que le bât blesse, si nous pouvons concevoir que des dérives productivistes et consuméristes nous ont menées à ce triste et amer résultat, c’est, au demeurant, à l’Etat de légiférer et régler ces problèmes. Or, aujourd’hui en Chine, le peuple est la meilleure autorité, la seule digne de confiance. Et ce n’est pas peu dire de l’état des choses, quand on sait que c’est ce même peuple, qui refuse d’aller aider une jeune femme criant à l’aide, la laissant aux prises de son ravisseur, ou qui va choisir de faire une marche arrière sur une fillette après l’avoir déjà écrasée une fois, pour la seule raison que les indemnités à payer seront moindre si elle meurt. Les exemples sont trop nombreux, et quotidiens, pour tous être cités ici, mais combien de fois ai-je appelé la police en étant témoin d’actes répréhensibles dont j’étais pourtant le seul à m’indigner ? Et je tiens à préciser qu’à chaque fois les spectateurs autochtones étaient très nombreux, mais toujours, c’est l’étranger qui appelait la police.

Alors oui, la pollution est un problème en Chine. Oui, les pollutions sont un problème en Chine. Qu’elles soient environnementales ou morales. Mais ce qui pousse un homme libre à partir ou à rester n’est pas le degré de pollution d’un endroit, mais la réponse qui est apportée à ce problème.

Alors non, je ne quitte pas encore la Chine, car j’ai encore un peu d’espoir pour ce peuple qui, dans sa diversité, comporte beaucoup d’individus qui se comportent avec droiture, justesse et dignité.

Mais oui, je m’envole vers d’autres cieux pour voir les autres choses qui ont, un jour, fait la grandeur de ce pays.

Mais dans un coin de ma tête, dans un coin de mon coeur, dans un coin de mon âme déjà grandit la question de savoir, non pas si oui ou non, mais de quand prendrai-je la décision de partir.

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