Publié par : P-E | juillet 24, 2013

Ce n’est pas du China bashing, mais ça pourrait…

Car là n’est pas le but de la publication d’aujourd’hui, mais un truc cloche quand même…..dans ce pays ? dans la personne que je suis ? Va savoir ! Mais un truc cloche, ça c’est sûr !

Voilà maintenant presque trois ans que je traine ma bosse dans ce pays immense aux paysages aussi variés que ses habitants….enfin, ça, c’est ce qu’on dit dans les guides touristiques, car si c’est bel et bien un pays immense aux paysages variés, pour ce qui est de la diversité de ses habitants, elle est moindre que ce que l’on pourrait penser.

C’est au retour d’un trip dans la nature, loin de tout, sans internet ni téléphone, ce qui aurait dû me reposer, que je reviens plus remonté que jamais ! Y a des jours où faut vraiment pas chercher à comprendre ! Ou bien justement est-ce ce contraste qui me met encore plus hors de moi ? Le fait de voir ces gens dans la montagne qui savent encore vivre, contre toute attente, au rythme de la nature et des besoins essentiels de la vie. Partant à la chasse le soir, lavant ses vêtements dans la rivière, cultivant ses propres légumes et vivant dans un dénuement presque total. La télévision est un luxe là-bas !

Et pourtant, pas une fois ils ne se plaignent, pas une fois ils ne parlent d’argent, pas une fois ils s’intéressent aux choses que vous pourriez avoir et qu’ils n’ont pas, non, pas une fois. Ils vivent au rythme de la pluie qui remplis leurs rivières et arrose leurs récoltes, escaladent les roches et plongent dans les torrents.

Alors oui, peut-être que je fais mon ingénu, peut-être que d’avoir été shooté à l’oxygène et aux paysages naturels pendant trois jours faussent mon jugement, mais le retour à la ville et à son insouciante, stupide et dangereuse superficialité fut très violent ! Sans parler du choc pour mes poumons et ma peau !

Ces villages se dépeuplent d’une manière affolante, il n’y a plus que des bambins et des vieillards, tous les autres, leurrés par les lumières sonnantes et trébuchantes de la ville y sont déjà partis en quête de gloire, en quête de ce rêve chinois qui n’attends personne et laisse sur le carreau tous ceux qui ne sont pas prêts à s’élever en marchant sur le cul de celui d’à côté.

Et pourtant, ces villages, ces vieillards, sont pleins de merveilles, des musées ambulants, comme ces trois vieilles femmes que j’ai croisé au bord de la route, qui travaillaient sur un métier à tisser vieux d’au moins une centaine d’année et qu’on ne voit plus par chez nous que dans les reportages et les albums photos de nos arrières-grands-parents.

Ils sont admirables et méprisés.

Et abandonnés.

Moi, ils m’ont émerveillés.

Quand je pense à cette course effrénée à celui qui aura le plus d’appartements dans telle ou telle ville, à se cracher la tune à la gueule pour savoir qui en aura le plus à la fin du match, et bien moi, ça me dégoute. Quand je vois ces gosses, qui, à 3 ans déjà, ne jurent que par la « ping guo » (comprendre « iphone »), la bmw ou l’audi des parents, je me sens désemparé et je perds foi. Non seulement foi en l’Homme, qui est une chose bien difficile à entretenir, mais même foi en moi-même, en mon métier, en ce que j’essaie d’accomplir jour après jour.

La tâche à accomplir est énorme et je ne m’en sens pas la force, les personnes éclairées se font rares et dans ces ténèbres brumeuses, on ne les distingue plus. Et les rapaces, de tous horizons font surface, jaunes, blancs, noirs, cafés ou que sais-je encore, se tapissent dans l’ombre de brocards scintillants en espérant éviter les murs de la prison qu’ils sont eux-même en train de bâtir aux portes de leurs chaumières.

Alors oui, quelque chose cloche dans ce pays, ou dans la personne que je suis, va savoir ? Mais quelque chose cloche, car quand un peuple entier semble s’être décidé à pratiquer un suicide collectif d’une telle ampleur, je ne peux m’empêcher de penser que quelque chose cloche, et j’ai beau peut-être manquer un peu d’objectivité, car au beau milieu de ce merdier, j’ose croire que cette merde agglutinée ne m’a pas encore rendue complètement aveugle.

Mais je crois qu’il est temps de partir avant que ça arrive, parce que ça arrivera. Demandez à un égoutier ce qu’il en pense. A force de vivre dans la merde, si l’on ne fait pas gaffe, on finit par en devenir aussi une soi-même. Et pour ma famille, mon pays, qui tant souffert pour que j’en sois là où j’en suis, je ne peux me résoudre à finir de la sorte.

On ne soigne pas un malade qui refuse de regarder sa maladie dans les yeux.

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Ah putain ça fait du bien de cracher son venin une fois de temps en temps !!!!

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