Publié par : P-E | décembre 24, 2014

Alexandra David-Néel, le thé, Lhassa, Noël et le petit Jésus, qui ne venait pas de Mexico city

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Nous sommes désormais en plein dans les fêtes de fin d’année, Noël est là, nous sommes en plein dans le partage de l’amour, de la générosité, des calories et des microbes, également. Alors que tout s’illumine, que tout s’est illuminé depuis des semaines, déjà, la féerie de Noël s’est emparée des étals, des patrons de toutes confessions, des employés suant et des clients hystériques et fauchés, au grand dam des sus-cité.

Noël, je ne l’ai pas vu venir cette année. Non, ni dans les rues, ni dans les coeurs.

Enfin, si, peut-être.

Les passants chargés de cabas lourds et précieux avaient l’air encore plus apeurés de l’indigent mendiant une piécette.

Les clochards se sont multipliés en cette fin d’année, dans les galeries et les rames du métro, devant les boulangeries, aux caisses des supermarchés, jusque devant Zadig & Voltaire ou Mariage Frères, la pauvreté est partout, elle n’a même plus la décence de se cacher aux yeux de ceux qui vivent bien, et ne le leur rendent pas.

Ô je l’ai vue la générosité de ces fortunés bien-pensants du Marais, à maudire la pauvre fille victime de viol, parce que le violeur ne peut plus aller travailler suite à sa plainte.

Oui, la magie de Noël n’est ici pas très opérante.

Mais lorsque la nuit tombe, que le froid fait rentrer se terrer chez eux les manants, qu’il ne reste plus rien entre les cieux et la terre, que se sont tus les murmures de la ville et le ronronnement des usines, alors le voile se lève.

Derrière ces nuages glacés, voluptueuses lactations astrales qui habillent la voûte céleste, tout scintille. Comme des milliers de gouttes de pluie au soleil, Tel un voile de soie tressée de fils d’argent qui ondule lentement avec le vent, on se sent doucement flotter dans cet infini, tendrement happé par cette douce valse de Persée.

Comme disait Alexandra David-Néel, « il fait froid quand on regarde là où il n’y a pas de chaleur » , « C’est en soi qu’il faut cultiver la flamme qui réchauffe. C’est sur soi seul qu’il faut compter ».

nuit

C’est effectivement dans la solitude que s’accomplit le plus grand des travail de l’esprit.

S’il y a bien des années, je disais sans comprendre que j’aimais la solitude même en étant seul, ce qui était à l’époque complètement faux, mais une super technique de drague, j’ai, depuis ces années où j’étais encore bien jeune, découvert une autre forme de solitude. Une solitude habitée, une solitude qui n’est plus un détournement des autres, mais un recentrage sur soi. Toujours j’ai pensé que la réponse avait à voir avec l’égocentrisme, j’en ai aujourd’hui la certitude.

Tout commence et termine en soi. Si la bible nous dit Tu es né poussière et tu redeviendras poussière, et voudrait nous inculquer une certaine forme d’humilité, voire nous faire prendre conscience de la vanité de toute ambition, de cette notion est absent l’espoir. Si tout est bel et bien vain ici-bas, il me semble qu’il y a pourtant des voies qui s’offrent à nous pour élever un tant soit peu cet esprit, le libérer de cette enveloppe charnelle. Non pas par la prière en laquelle si peu de gens croient, appeler à l’aide un parfait inconnu ne mène que bien rarement au sauvetage, non ?

En sondant sa propre âme, on se déleste, petit à petit, de nos malheurs palpables, de nos envies et de nos ambitions, de nos jalouseries et de nos turpitudes, de nos frustrations et de nos craintes.

Lorsqu’on se défait de peurs, on se défait de toutes nos causes de souffrances, et d’un cycle vicieux apparaît un cercle vertueux. Sans peur de la douleur il n’y a plus de douleur, et vice-versa. Lorsque l’on prend conscience dans sa propre chair de la vacuité de la douleur, de la vacuité de cette vacuité même, alors il ne reste plus que la béatitude de s’être délesté du fardeau terrestre avec lequel nous naquîmes.

La forme est vide. La vacuité est la forme. La vacuité n’est pas autre que la forme et la forme n’est pas autre que la vacuité. De même, la sensation, l’identification, les facteurs composés et la conscience sont-ils vides.

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