Lundi 20 août 2007, 13h, Taipei, gare des bus

Lundi 20 août, 13h, Taipei, gare des bus

Enfin le temps d’écrire depuis que je suis arrivé. Et c’est dans ce bus qui me mène à Puli que je trouve le temps. Faut dire qu’il y en a pour trois heures trente. Mais revenons un peu en arrière.

Samedi 13h, enfin presque 14. Après une fin de vol qui m’a foutu la gerbe pour toute la journée, j’ai pu faire mes premiers pas sur cette « belle île ». Tout d’abord je dois l’avouer, j’étais pas mal stressé. Pas un sou sur moi et la perspective d’un entretien avec les services de l’immigration ne m’enchantaient guère. Je sors du couloir de débarquement et je vois des bureaux de change…great ! Je commence à scander « ATM ? ATM ? » et un gentil monsieur (du bureau de change) m’indique qu’il est sous mes yeux…ok ! Fallait comprendre que ce vieux truc laid avec un petit clavier et un minuscule écran renfermait des centaines de milliers de dollars et n’était en aucun cas une espèce de borne d’arcade démodée…Première tentative de retrait. Échec. Seconde tentative. Succès. 20.000$ cling cling Prochaine étape : visa. La sueur perlait dans mon dos. J’avance d’un pas lent mais assuré vers les agents de l’immigration et présente mon passeport ainsi que mon billet d’avion. Un instant L’agent, un homme entre deux ages, bien que plus près du second, lève furtivement la tête, et de son bras leste telle la patte du chat noir enragé passé six fois sous un bus, prends une agrafeuse et accroche mon permis de séjour à mon passeport. « Goodbye ! » Et alors ?! Mes deux photos, les deux mille dollars, les questions, c’était du pipo ?!?!

Faut croire que oui. Je récupère mon sac juste après cela. Je passe à la douane. Habitude française peut-être, je vais vers l’agent pour qu’il me fouille. Le pauvre, paniqué et ne sachant ce que je lui voulais m’indique la sortie en gesticulant. C’est là que je rencontrai Yao. Couchsurfer génial mais je ne le savais pas encore. Après des salutations en règle nous voilà filant dans son petit 4×4 Suzuki quoique filer est un bien grand mot : déjà à 50 à l’heure on craignait de s’envoler à cause du vent. Et le typhon est bien plus faible que prévu qu’il me dit. Eh ben dis donc ! Un truc comme ça je reste pas sur la plage comme je le faisais il y a deux ans à Tokyo ! Nous arrivons donc chez lui, on se gare et s’apprête à rentrer dans son immeuble par l’entrée de derrière, plus proche du parking, lorsqu’au même moment un bout de verre, probablement issu d’une fenêtre vu son épaisseur, vient s’écraser en morceau deux mètres devant nous. Silence Un peu plus tard on est allés faire quelques courses et voir un ami à lui qui m’a gracieusement prêté son vélo. Vraiment sympa. Petit dîner dans petit restau…un peu de lard dans de la soupe avec du riz. Sauf que le salaud m’a fait goûter du coeur de porc en émincé. Ça a rien de particulier en fait à part une texture un peu particulière. ( il ne me l’a dit que ce matin que c’était du porc)

Nuit paisible. Onze heures de sommeil.

Nous voilà donc dimanche et qui voilà ?! Suzanna ! Une Couchsurfeuse chez qui j’avais prévu de passer une nuit avant que je ne change mon itinéraire. Nous avons donc passé la journée tous ensemble. C’était génial ! Ils se sont connu en Argentine alors quand ils parlent entre eux il leur est naturel de parler espagnol. Et par moment ça rendait les choses vraiment comique : deux taiwanais dans une voiture japonaise qui parlent en espagnol en écoutant de l’électro-tango cherchant la route pour mener un franco dans Taipei, moi ça m’a bien fait sourire ! On a fait les magasins ensemble, notamment pour me trouver du matériel pour le vélo. Mitaines, casque, lumières, sacoches, rustines, pompe à vélo et je crois qu’il y a là tout ce que j’achetais ce matin-là. Pour le midi on s’est goinfré de gyôza et autres raviolis chinois frit et à la vapeur. Résultat : 220$ soit moins de deux euros par personne pour avoir goûter les meilleurs gyôza et raviolis chinois de ma vie. Mince alors ! Ensuite nous avons marché un peu sur la place du Chiang Kai Shek Mémorial…qui est en travaux, comme tellement de choses à Taipei. Puis Yao nous a emmené dans une petite échoppe pour y manger de la glace à une racine dont j’ai oublié le nom. Heureusement que Susanna en avait pris une à la mangue sinon j’aurai pas mangé grand chose sur ce coup-ci. La racine en glace c’est bof, mais alors la mangue locale, délicieusement sucrée, un délice pour les papilles !!! Ensuite on a refait les magasins, regardé s’il y avait des pièces de théâtre traditionnel taiwanais, mais pas de chance, aucune date ne nous convenait.

La nuit tombe et nous quittons Taipei pour Gueishan avec quelques sachets bien remplis. Et hop, après de rudes batailles pour réussir à se garer nous revoilà dans un restaurant.

Une sorte de fondue avec une soupe pour bouillon où l’on fait cuire pleins de choses, une sorte de sukiyaki, ou bien non. En tout cas j’ai goûté ici peut-être la plus effrayante chose de ma vie : « preserved egg ». Un oeuf dont le blanc est en fait translucide et oscille entre le brun et le noir et où ce qui pour nous est le jaune a ici une couleur vert diarrhée. Désolé pour l’image peu appétissante mais c’est vraiment celle qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai mordu dedans. J’oubliais de préciser que la consistance est entre l’oeuf à la coque et l’oeuf dur : le brun noir est dur/gélatineux et le vert caca est quasi liquide avec des grumots.. Pas vraiment aussi dégueu que l’aspect mais je ne tenterai pas une seconde fois. Le soir venu, préparation de mon sac et du vélo puis couché nerveux et sommeil tardif…

Et nous voilà arrivés à aujourd’hui, lundi 14h et 35 bornes dans les jambes. Départ de chez Yao vers 8h je crois. C’était vraiment excellent avec Susana et lui. Mais je me suis fixé des objectifs et il est maintenant temps de les atteindre. Y a un truc cool à Taiwan, ça descend beaucoup. Mais c’est vachement moins cool quand on se plante de chemin et qu’il faut tout remonter… Les taiwanais sont des gens géniaux, ils ne savent juste pas conduire, il ne faut pas confondre. Je dois avouer que j’étais un peu méfiant lorsque ce type s’est arrêté en scooter quand il m’a vu chercher sur ma carte sur le trottoir. Au final il devait plus chercher son chemin que le mien. Mais tous les autres qui sont venus spontanément me parler ou à qui j’ai demandé de l’aide ont vraiment été adorables, serviables et des fois même un peu rigolo. Je me suis donc planté de chemin sur cinq ou six kilomètres je pense, peut-être sept. J’ai tapé des pointes à plus de 50 à l’heure c’était grandiose, je doublais des scooters. J’ai aussi rebroussé chemin, à pied, tellement le dénivelé était grand. Mais une fois sur la bonne route ce ne fut que du bonheur.

J’arrive donc à Taipei à vélo : 30km au compteur, j’arrive à la gare routière : +5km. Et me voilà avec une heure à tuer avant de partir pour Puli. Je m’égare dans un restaurant japonais où une cliente bien aimable est spontanément venue me servir d’interprète. Soupe de miso, oyakodon, thé. Tout est délicieux, comme je commence à croire que rien n’est mauvais ici. 130$. 3 euros… Ça laisse dubitatif quand on pense que chez nous on a même pas un doner pour ce prix là.

Et voilà, une heure que je suis dans le bus pour Puli. On verra plus tard pour la suite des événements.

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