Mercredi 29 août, 新化 Sinhua

Mercredi 29 août, 新化 Sinhua

Sur une chaise écoutant un concerto pour violoncelle de Shostakovitch ? Revenons un peu en arrière s’il vous plaît. Lundi, 21h15, le bateau débarque et il est temps pour moi de filer vers cette auberge de jeunesse. M’arrêtant à plusieurs reprises pour consulter ma carte mon trou d’un petit centimètre dans l’entrejambe de mon pantalon s’est transformé en une cavité d’au moins trente centimètres, difficile de faire plus grand et moins discret à vrai dire. Fort heureusement cinq minutes plus tard je trouvais l’auberge de jeunesse dans une petite ruelle sombre et désertée, fermée. Je toque, je sonne, j’appelle, rien n’y fait, le rideau de fer reste impassiblement immobile. Je vais donc devoir trouver un autre endroit, ce qui risque d’être difficile dans cette tenue ! Je prends mon courage à deux mains et me défroque sur le perron de l’auberge de jeunesse et enfile vite fait mon short. C’est pas la grande classe mais c’est un petit peu plus présentable déjà. Je sors donc ma carte et rapidement mon dévolu se jette sur le riverside hotel. Pas bien difficile à trouver en plus et avec un personnel charmant. Mince ! Il est déjà 21h40 et je dois encore appeler Cédric ! Je pose donc vite fait mes affaires dans ma chambre et file sur mon vélo vers le 7/eleven le plus proche d’où, bien qu’un peu tard, j’arrive à joindre Cédric. Mon cerveau est tellement formaté pour l’anglais et le chinois en ce moment que ça me fait bizarre de parler français, je dois même chercher certains mots qui viennent en anglais en premier. Toujours est-il que dix minutes plus tard tout est décidé : j’irai à Tainan demain à vélo et à dix sept heure trente rendez-vous avec Cédric à la gare de Tainan pour aller chez lui. Après avoir acheté de quoi manger ce soir me revoilà dans la chambre, libre d’en apprécier la clarté, la propreté et toutes ces belles choses qui la font si différentes de la chambre que j’ai eu à Magong.

Mardi 28

Après une bonne nuit de sommeil où j’ai même traînassé au lit jusqu’à huit heure et quart je me remets en route vers neuf heure après un petit-déjeuner direction le quartier de l’électronique de Kaohsiung pour me trouver une caméra ! Sans succès, à dix heure et des brouettes tout est encore fermé ici, je me dirige alors vers le Mitsukoshi, grand centre commercial japonais, mais en cours de route je fais demi-tour. Et à ma grande surprise j’aperçois un blanc. Petit hochement de tête et sourire : « Ouais, moi aussi je suis pas chez moi mais on se sert les coudes entre étrangers, hein ? ». Voilà ce que ce hochement de tête et ce sourire voulaient dire. Je continue ma route et puis non ! Je fais demi-tour et rattrape ce type. Et puis voilà ! Un américain en visite à Taiwan. Discussion sympathique, je dois encore avoir sa carte qui traîne quelque part par là… Presque midi, il faut que je file, j’ai quand même preqque quarante kilomètres qui m’attendent. Après avoir réglé mes achats de rigueur : eau, eau et eau et puis barre aux céréales. Me voilà en route pour Tainan ! Ah la la ! Mes jambes et surtout mes genoux se souviennent de ces presque cinquante kilomètres à se battre contre le vent en permanence sous presque quarante degrés. La route dix-sept en effet longe la côte mais certaines vues en valent la peine ! Après maintes pauses, plusieurs litres engloutis et seulement un pipi (c’est fou non ?!) je commence enfin à pénétrer Tainan, l’inatteignable ! Là, lors de l’une de mes pauses carte un vieillard m’accoste et me demande si je ne suis pas hawaïen par hasard…heu et bien non, je suis français que je lui réponds. Il me souhaite bon courage (enfin, je suppose) et repars avec son vélo et son chien. Sur la route je croise encore un Carrefour et juste à côté un magasin multimédia et electro-ménager. Je m’y arrête pour voir mais pas une seule caméra. Epuisé et un peu dégouté de toujours pas avoir de caméra je repars en direction de la gare de Tainan. Que la fatigue était là ! Ce n’était plus trop agréable de pédaler, vraiment. Je passe un Mitsukoshi et deux cents mètres plus loin enfin la gare se dévoile sous mes yeux. Seize heure. Ce n’était pas trop tôt ! Je reprends un peu mon souffle et mes esprits et puis finalement je remonte sur mon vélo direction le 新光三越 Mitsukoshi ! Un, deux, trois, quatre…dix étages plus haut me voilà au rayon high-tech. Je repère vite fait leur rayon caméra, ils n’en ont que quarte ou cinq en fait. Bon, dont une qui avait attiré mon attention à Taipei. Je franchis le pas.

– Excuse me, I need this !

Et voilà, je suis en train d’acheter ma première cam. Quand pris de stupeur et tremblements j’aperçois le logo fnac à côté de l’enseigne de la boutique. Comme quoi le monde est bien plus petit qu’on ne le pense. Sur ce, l’interprète anglais-chinois du magasin arrive et l’on règle les papiers pour que je puisse me faire rembourser les taxes à la douane. Dix sept heure dix, me revoilà à la gare attendant Cédric et son quatre quatre Hyundai mon nouveau joujou dans le sac. Dix sept heure trente cinq la pluie arrive. Dix sept heure quarante c’est au tour de Cédric !!! Quel soulagement ! En plus je venais de voir plein de quatre quatre passer sans s’arrêter ! Le vélo dans le coffre, nos deux alsaciens roulent en direction de Sinhua, petite bourgade à l’Est de Tainan. Sur la route nous passons prendre Li-Ann à la sortie de son cours de danse. Quatre ans. Sa fille à lui et à sa femme, qui elle est à la maison. Une petite fille adorable en tutu rose va donc me prêter sa chambre. Un peu confus tout de même mais ça ne semble pas la gêner plus que ça elle. Quelques minutes plus tard nous arrivons chez eux. Probablement la plus grande maison qu’il m’aura été permis d’approcher à Taiwan ! Je fais la connaissance de Shu Juan, la femme de Cédric, une ravissante jeune femme originaire de Taiwan. Je me vois donc prêté la chambre de Li-Ann, une adorable chambre de petite fille, je m’empresse d’ailleurs de m’excuser auprès d’elle et de lui demander si ça ne la dérange pas mais il ne semble y avoir aucun problème. Peu après, la maîtresse de maison nous appelle pour passer à table. Une table dressée comme pour les grands jours et un festin sur la table aussi bon que beau, le tout saupoudré de sirènes dessinées par Li-Ann, qui décidément dessine bien pour quatre ans. Quand au milieu de notre conversation joyeuse arrive François et sa famille, un autre expatrié français marié à une taiwanaise et père de trois enfants. L’ambiance est alors à son comble : les enfants s’amusent et chahutent pendant que nous, adultes (j’en fais enfin partie !!!), discutons agréablement autour de la table.Comme une ambiance chaleureuse et familiale pèse dans la pièce qui rappellerait un petit peu mon terroir. Après, une bonne nuit de sommeil bien méritée, parce que vraiment ce vent je m’en souviens encore.

Mecredi 29

Après un petit-déjeuner succint mais apprécié : un verre de limonade ; le téléphone sonne, François au bout du fil. Je pose mon verre de limonade, prends ma caméra, un peu d’argent et mes papiers et me revoilà sur mon vélo pour le rejoindre en ville afin d’aller faire réparer mon vélo qui commençait à avoir quelques problèmes. Y a pas à dire, je reste toujours autant ébahi devant ces blancs qui parlent si bien chinois ! Le mécano prévoit une demi heure pour remettre le vélo en état. François en profite alors pour me faire faire un petit tour dans la ville. Notre gobelet à la main (enfin plutôt un « gobe » vu qu’il doit bien faire un demi litre) je vois donc la vieille rue qui date de l’époque où l’île était japonaise et puis on en profite aussi pour aller dans un magasin de sport où je me suis acheté jogging (pour la première fois depuis la première au lycée), un tshirt et un polo pour faire du sport. Même pas vingt euros, ça c’est du pouvoir d’achat ! Les trente minutes écoulées nous retournons au petit magasin de vélo où le mécano s’est superbement éxécuté. Le vélo est nickel ! Nous discutons un peu tous les trois. Je lui paye les cent NT dû pour les réparations, soit deux euros cinquante. Puis je vois qu’il vend aussi des lunettes de soleil alors tant qu’à faire, je décide de les lui acheter ça m’évitera peut-être d’autres frayeurs avec mes yeux. Très gentil et commerçant il m’offre cent NT de ristourne sur les lunettes. Après peut-être une autre demi heure de papotage intense à trois nous partons cette fois chez François où sa femme et les enfants s’amusent, Li-Ann ayant passé la nuit chez eux. La mante religieuse est là, dans une boîte. Oui, celle-là même qui entrait dans la maison de Cédric la veille au soir lorsque les enfants s’amusaient à laisser la porte d’entrée ouverte. Et c’est pour cette mante religieuse que, suréxcités comme des enfants qu’avec le petit Bruno de 6 ans et François nous avons attrapé une araignée pas belle. Enfin, François et à l’aide de pailles ! Et nous l’avons donné en pâture à la bête. La nature est effrayante : on pouvait entendre les machoires de la reine verte se refermer et broyer le corps de la pauvre araignée, désormais vouée à un triste sort. Nous avons ensuite tous mangé ensemble et avons continué à papoter. A croire que ça commence à devenir un sport aussi ! Arrive seize heure et nous décidons de partir en balade en forêt avec les deux aînés. Je retourne donc chez Cédric déposer mon vélo. En nage, je me resers un verre de limonade et m’assied devant le ventilateur. Savourant ma limonade j’y plonge mon regard pour me rendre compte qu’une bonne dizaine de fourmis devaient y être noyées. Mmmm !!! Combien en avais-je déjà avalé ? On ne le saura jamais, mais à l’heure où j’écris elles ne se sont pas manifestées ! François arrive enfin. Allez hop, j’attrape le trousseau de clefs et en route ! J’enfourche le scooter 125 cette fois-ci et en route vers la forêt où je vais apercevoir peut-être les plus grosses pousses de bambou depuis l’arbre des anciens de Sun Moon Lake. Quelques paysages surprenant et puis des pelleteuses encore en train de déblayer les dégâts du dernier typhon. Ciel flamboyant, brûlant les immeubles dans le lointain se dessinant entre les arbres. Très joli ! L’orage approchant nous avons décidé de rentrer. Après avoir fait un dernier tour au magasin de sport pour m’acheter des chaussures je rentre finalement chez Cédric qui était déjà rentré. Après un court instant ce fut au tour de Shu Juan et de Li-Ann de rentrer. Tout le monde se retrouve à la maison et après un peu de temps passé ensemble direction un petit restaurant du centre ville où l’on s’est délecté d’une multitude de petits plats chinois bien arrosés de thé et de salsepareille. J’ai d’ailleurs pu apprendre, Cédric aussi au passage, à compter sur un boulier chinois. Chose relativement compliquée il faut bien l’avouer ! Puis après cet agréable repas, sous une légère pluie et pour la troisème fois de la journée je retourne dans le magasin de sport, cette fois-ci pour Shu Juan par contre ! Peu après nous voilà de retour à la maison. Encore une longue journée pour nous tous. Après avoir un peu comploté avec Cédric sur un plan de weekend, il va en parler à sa femme qui acquiece et prendra part au weekend. ! Le temps passe, les gens se couchent et arrive une heure du matin pour que j’aille en faire de même. Je me déshabille, m’assied sur le lit prêt à me mettre sous les draps lorsque j’entend un bruit de truc qui détale. Super surpris je me lève en panique et voit une ombre noire filer se cacher sous l’armoire. Et voilà que commence ma nuit. Une heure quinze et va bien falloir que je trouve ce qu’est ce truc. Serpent, lézard ? C’est noir, écailleux et brille et reflète la lumière. Après d’intenses recherches sur le net je trouve beaucoup d’informations sur les serpents à Taiwan. Pas très rassurant en fait. Après une petite heure à me demander que faire et à surveiller que rien ne sorte de sous l’armoire me vient l’idée de le prendre en photo, car ayant essayé de voir sous l’armoire avec une lampe de poche, je n’ai pas réussi à identifier la bête. Allez hop ! Je pose l’appareil par terre, le flashouille une demi douzaine de fois et regarde mes photos. Pas très clair tout ça même comme ça ! Deux heure quarante cinq. Toujours en panique à surveiller l’armoire et à voguer sur la toile je finis par aller réveiller mes hôtes. Shu Juan m’entend la première, je lui explique vite fait la situation et lui montre une photo. Ni une, ni deux elle file réveiller Cédric. Il arrive. Je redresse le lit. Il prend l’armoire. Et peu de temps après se dévoile à nous sûrement un scinque indien. Gros lézard sombre d’une trentaine de centimètres. Arf ! Double arf ! La fiotte ! Je les ai réveillé pour un gros lézard ! Merde ! Bon y a pas eu de lézard ! Après une bataille acharnée d’une bonne demi heure le visiteur est enfin de retour chez lui : dehors ! En fait, c’était un moment rigolo j’ai trouvé cette chasse au lézard. Eux je sais pas si ils ont trouvé ça très fun. Arf encore. Bon, trois heure quarante cinq enfin dans le lit. Seul cette fois. En route pour un gros dodo !!!!

scinque indien

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